Mariée à un milliardaire le fils m'a conquise avant le père

NovelMaster Terminé
Romance 现实主义-Realistic男频-Male Fiction

Après un mariage arrangé pour sauver les finances familiales, je me suis retrouvée du jour au lendemain avec un gamin de quatre ans et demi sur les bras. Avant de le rencontrer, j'étais amère et révoltée. J'imaginais déjà mon futur cauchemardesque : un mari fantôme qui m'ignore et un beau-fils qui fait comme si je n'existais pas. Mais la seconde où j'ai posé les yeux sur cette petite bouille adorable, agrippée à mon pull en me murmurant timidement « Maman ? », j'ai capitulé sur-le-champ. J'ai même fini par demander à mon mari : « Dis, si on divorce un jour... je peux garder le petit ? » Mon mari : « ??? » *** Quand la boîte de mon père a commencé à couler, il n’a pas hésité une seconde : il m’a fiancée de force à un grand patron de la tech, déjà père d’un petit garçon. Contre toute attente, l'idée ne me dérangeait pas plus que ça. Après tout, j’étais fermement décidée à rester célibataire. S’il avait déjà un fils, cela m'évitait au moins la pression d’avoir des enfants plus tard. En plus, le type était un bourreau de travail maladif, incapable de passer cinq minutes chez lui. C'était une nounou qui gérait tout. Je me disais que j'allais mener la belle vie. Un mari multimillionnaire, et même pas besoin d'élever un enfant à plein temps. La cérémonie s'est déroulée en petit comité, discrète, presque austère. Évidemment, le petit n'était même pas là. Fidèle à sa réputation, mon tout nouveau mari a filé tout droit au bureau dès que nous avons échangé nos alliances. En guise d'au revoir, il s'est contenté de lancer par-dessus son épaule : « Je suis débordé ces prochains jours. Gabin t'attend à la maison. Fais connaissance avec lui. » Gabin Delcourt. C’était donc le prénom de mon beau-fils. Depuis le divorce de mes parents, mes relations avec mon père s'étaient dégradées. En quittant ma chambre d'enfant, je n'avais presque rien emporté d'autre qu'un vieux pendentif auquel je tenais. « Madame Delcourt, le jeune maître Gabin vous attend dans le salon », m'a annoncé la gouvernante avec un sourire chaleureux dès que j'ai franchi le seuil. Tiens, tiens... Déjà en train de marquer son territoire ? Qu’à cela ne tienne. Je sais gérer les caprices d’enfants. Mais alors que j'entrais dans la pièce... Qui était cette petite merveille assise sur l’immense canapé ?! Si minuscule ! Si mignon ! Une vraie petite brioche toute douce ! Pendant que je restais là, pétrifiée par tant de mignonnerie, le bout de chou s'est levé et a trottiné maladroitement vers moi. D'une petite voix fluette et hésitante, il a murmuré : « Mademoiselle... Laurent... C'est... un cadeau... pour vous... de la part de Gabin. » C'était un ours en peluche rose. La peluche était presque plus grande que lui, mais il tendait ses petits bras de toutes ses forces pour me l'offrir. C'était notre toute première rencontre, et il était déjà tellement prévenant. Le cœur serré d'émotion, j'ai attrapé l'ourson et me suis accroupie pour lui prendre ses petites mains potelées. « Oh mon Dieu... Merci mon trésor ! Je l'adore ! Tu t'appelles Gabin, n'est-ce pas ? Je suis ta nouvelle maman. Ne sois pas timide avec moi, on forme une famille maintenant. Tu peux m'appeler Maman, d'accord ? » Mon Dieu, ce qu'il était chou ! J'avais juste envie de le serrer dans mes bras jusqu'à étouffer ! Ce pauvre petit ange... Mon crétin de mari ne le méritait vraiment pas ! Le délaisser comme ça, quelle cruauté ! C'est décidé : à partir de maintenant, c'est mon fils !Le petit bonhomme a écarquillé les yeux en entendant mes mots. Son corps frêle a tremblé légèrement, et ses joues pâles sont devenues écarlates. Il a trituré le bas de son t-shirt avant de balbutier timidement : « M-maman ? » Puis, tout honteux, il a baissé la tête en me jetant de petits regards en douce. Oh, par pitié ! Qu'on oublie le père, le fils est à moi !! J'ai raclé ma gorge pour me donner une contenance et j'ai acquiescé très sérieusement. Puis je me suis tournée vers la gouvernante qui attendait en retrait : « Je m'occupe de lui à partir de maintenant. Vous pouvez disposer. » « Très bien, Madame Delcourt. » Cette sensation de pouvoir était tout simplement grisante ! Refoulant mon euphorie, j'ai soulevé délicatement le petit bout de chou dans mes bras en essayant de garder un air digne. Puis, Gabin calé sur une hanche et la peluche géante sous l'autre bras, je suis montée à l'étage. J'étais déjà venue une ou deux fois avant le mariage, je connaissais donc les grandes lignes de cette immense villa sur trois niveaux, dotée de deux ascenseurs et de terrasses privatives. Une décoration somptueuse, digne d'un grand patron fortuné. J'ai emmené Gabin dans la chambre que Maxence avait fait préparer pour moi et j'ai posé l'ours rose sur les coussins. « Gabin, je suis désolée, je n'ai pas eu le temps de t'acheter un cadeau... Mais ce pendentif compte énormément pour moi. Est-ce que tu accepterais de le garder précieusement pour Maman ? » « Je le regarderai tous les jours, promis », a-t-il répondu très solennellement. Je l'ai glissé autour de son cou. Ses yeux pétillaient de fierté. « Ça te dirait de dormir avec moi ce soir ? Et demain matin, c'est moi qui t'emmène à la maternelle. Qu'en penses-tu ? » ai-je demandé avec la voix la plus mielleuse possible. Si ma meilleure amie me voyait avec ce ton mielleux, elle penserait direct que je suis possédée. « D'accord », a-t-il soufflé, tout timide. Trop mignon, vraiment. Perdue dans mes pensées, je n'ai pas remarqué l'ombre fugitive d'un soulagement immense qui venait d'apaiser les traits du petit garçon. Plus tard, dans la nuit... « ...et le petit renard vécut heureux auprès de sa maman pour toujours. Fin. » J'ai refermé doucement le livre en voyant que Gabin s'était endormi paisiblement. Pile à ce moment-là... mon téléphone s'est mis à vibrer comme un fou. J'ai sursauté et j'ai raccroché dans la précipitation. En entendant le souffle régulier de Gabin, j'ai poussé un soupir de soulagement. Je me suis éclipsée sur la pointe des pieds dans le couloir avant de rappeler. « Léna Laurent ! Tu viens sérieusement de me raccrocher au nez ?! » a hurlé une voix indignée à l'autre bout du fil. « J'étais en train de border mon fils ! Et puis, c'est ma nuit de noces, bon sang, pourquoi tu m'appelles à une heure pareille ? » « Arrête ton char. Tout le monde sait que ton cher mari n'est même pas rentré et qu'il a filé bosser direct après la mairie. » Un silence. « Attends... Tu viens de dire quoi, là ? "Ton fils" ? Depuis quand t'as un gosse, toi ? » J'ai froncé les sourcils. « C'est le fils de mon mari. Mais maintenant, c'est le mien aussi. »C'était normal qu'elle ne soit pas au courant. Moi-même, je ne l'avais appris que lors des négociations de fiançailles avec Maxence. Maxence avait toujours protégé farouchement l'existence de cet enfant des tabloïds. Mais désormais, la rumeur commençait à fuiter dans notre cercle. « Et baisse d'un ton, tu veux ? » ai-je chuchoté. « Moi qui croyais que tu détestais les enfants... Je t'appelais pour te remonter le moral parce que tu passais ta première nuit toute seule », a soupiré Inès. Comment pouvais-je deviner que Gabin serait une crème pareille ? Je me suis bien gardée de le lui dire à voix haute. « Qu'est-ce qu'il y a ? » ai-je simplement demandé. « Il faut absolument que tu viennes à la soirée des anciens ce samedi. Mademoiselle-parfaite sera là. S'il te plaît, sors ta plus belle tenue de créatrice et écrase-la ! » Rien qu'au son de sa voix, je pouvais deviner la moue rageuse d'Inès. Je n'ai pas pu m'empêcher de rire. « Allez, ça fait des années maintenant. J'ai tourné la page depuis un bail. » Elle a grogné sans insister. Nous avons bavardé encore deux minutes avant de raccrocher. Accoudée à la rambarde du balcon, j'ai contemplé les lumières de la ville, songeuse. Mes souvenirs ont dérivé vers cet été-là, juste après les résultats du bac. Au lycée, Inès, Valentine et moi étions inséparables. Puis, lors de la fête de fin d'année, le mec le plus populaire de la promo s'était soudainement déclaré à moi devant tout le monde. L'ambiance était lourde, les gens criaient en cercle. Agacée par la pression, je l'avais recalé sans ménagement. Ce que j'ignorais, c'est que Valentine en était folle amoureuse en secret depuis des mois. Vexé par mon refus, le type s'était mis en couple avec Valentine dès le lendemain. Tout le monde murmurait qu'elle n'était qu'un lot de consolation après mon rejet. Notre amitié s'était brisée net ce soir-là. Je pensais ne plus jamais la revoir après notre entrée à la fac. Mais même dans des écoles différentes, elle avait passé des années à répandre des rumeurs infectes sur mon compte, prête à tout pour me pourrir la vie. Son histoire avec le prince charmant du lycée n'avait d'ailleurs pas fait long feu : il l'avait trompée six mois plus tard. Et Valentine devait être présente à cette fameuse soirée samedi. « Argh, quelle plaie ! » ai-je pesté en m'ébouriffant les cheveux. Mais bon... Tellement d'eau avait coulé sous les ponts. Elle avait sans doute mûri. Rassurée par cette pensée, je suis allée me coucher. Les jours suivants ont filé paisiblement. À part déposer et récupérer Gabin à l'école, je passais mon temps sur mes croquis de mode. Je suis styliste pour une grande maison de prêt-à-porter, et hors de question d'abandonner ma carrière sous prétexte que j'avais passé la bague au doigt. Je serais morte d'ennui ! D'ailleurs, la présence de Gabin me donnait une inspiration folle ces derniers temps. Ce serait un crime de gâcher un tel élan créatif ! Samedi matin, j'observais Gabin empiler sagement ses briques de Lego, le sourire aux lèvres. Puis la perspective de retrouver les hypocrites du lycée cet après-midi m'a arraché un soupir.Pourquoi devais-je m'infliger une réunion d'anciens élèves au lieu de rester tranquille à la maison ? Remarquant mon air abattu, Gabin a levé des yeux inquiets vers moi. « Maman, tu es triste ? » Je lui ai doucement pincé les joues. « Maman doit aller à une fête cet après-midi. Est-ce que tu seras sage si tu restes ici avec la nounou ? » En quelques jours à peine, nous étions devenus inséparables. « Est-ce que Gabin peut venir avec toi ? Promis, je serai très sage », a-t-il demandé en joignant ses petites mains. En pensant aux piques venimeuses de Valentine, j'ai hésité, puis j'ai refusé doucement. La petite étincelle dans son regard s'est éteinte d'un coup. « D'accord... Gabin attendra sagement à la maison alors. » Aïe. Coup de poignard en plein cœur. Après tout, quel mal y avait-il à l'emmener ? Je pouvais le garder près de moi. Si je le laissais planté là tout seul, en quoi serais-je différente de son père fantôme ? « En fait, tu peux venir ! Tu veux m'accompagner, mon grand ? » « Ouiii ! » En voyant son visage s'illuminer à nouveau, j'ai enfin respiré. Attendez... Pourquoi j'avais l'impression très nette de m'être fait manipuler par un enfant de quatre ans ? La réception avait lieu dans un salon privé d'un grand restaurant. Quand nous sommes arrivés, la fête battait déjà son plein. « Tiens, mais c'est Léna ! Toujours en retard ! Viens t'asseoir, on n'attendait plus que toi ! » Dès l'entrée, nous avons attiré tous les regards. Adieu mon plan de rester discrètement dans un coin. J'ai esquissé un sourire poli à la cantonade, puis j'ai aperçu Inès qui m'agitait le bras au fond de la salle. J'ai pris Gabin par la main pour la rejoindre. Autour de nous, les conversations se sont tues les unes après les autres. « Léna est là... Mais, c'est qui ce petit garçon ? » a chuchoté quelqu'un. Je me suis assise et j'ai hissé Gabin sur mes genoux. En voyant les bouteilles d'alcool alignées sur la table, j'ai froncé le nez. « C'est mon fils », ai-je répondu d'un ton parfaitement calme. Puis, m'adressant au serveur qui passait : « Bonjour, auriez-vous un jus de fruits frais pour mon fils, s'il vous plaît ? » « Tout de suite, Madame. » Une fois le petit installé, je me suis tournée vers Inès : « Arrête de faire cette tête, tu lui fais peur. » Inès affichait un sourire béat : « Il est trop craquant... Il a besoin d'une marraine ? Dis oui ! » Elle avait cet air espiègle que je lui connaissais trop bien. « Dans tes rêves », ai-je lâché en levant les yeux au ciel avec affection. Nous avons commencé à grignoter en discutant tranquillement. Soudain, une odeur écœurante de parfum de luxe a envahi mon espace. La seconde d'après, Gabin a éternué violemment. Au même instant, une voix doucereuse et bien trop familière s'est élevée au-dessus de nos têtes : « Léna ! J'ai entendu dire que tu t'étais mariée avec un homme qui avait déjà un gosse. Tu étais si désespérée que ça ? Ne me dis pas que tu as dû te rabattre sur... » Elle a laissé sa phrase en suspens avec un rictus condescendant. « Valentine, garde ton venin pour toi ! Tu cherches quoi, exactement ? » a répliqué Inès, le sang chaud, en fusillant Valentine du regard. Valentine a posé une main manucurée sur sa bouche, faussement outrée : « Oups, désolée... J'ai touché une corde sensible ? » Je me suis décalée calmement, plaquant ma main sur le nez de Gabin, et j'ai lâché d'un ton glacial : « Valentine, recule d'un pas s'il te plaît. Tu ne vois pas que mon fils étouffe sous les trois tonnes de parfum bon marché que tu t'es aspergées ? » « Répète un peu ?! » Son visage s'est décomposé.

Chapitres (4)

第1章

Après un mariage arrangé pour sauver les finances familiales, je me suis retrouvée du jour au lendemain avec un gamin de quatre ans et demi sur les bras. Avant de le rencontrer, j'étais amère et révoltée. J'imaginais déjà mon futur cauchemardesque : un mari fantôme qui m'ignore et un beau-fils qui fait comme si je n'existais pas. Mais la seconde où j'ai posé les yeux sur cette petite bouille adorable, agrippée à mon pull en me murmurant timidement « Maman ? », j'ai capitulé sur-le-champ. J'ai même fini par demander à mon mari : « Dis, si on divorce un jour... je peux garder le petit ? » Mon mari : « ??? » *** Quand la boîte de mon père a commencé à couler, il n’a pas hésité une seconde : il m’a fiancée de force à un grand patron de la tech, déjà père d’un petit garçon. Contre toute attente, l'idée ne me dérangeait pas plus que ça. Après tout, j’étais fermement décidée à rester célibataire. S’il avait déjà un fils, cela m'évitait au moins la pression d’avoir des enfants plus tard. En plus, le type était un bourreau de travail maladif, incapable de passer cinq minutes chez lui. C'était une nounou qui gérait tout. Je me disais que j'allais mener la belle vie. Un mari multimillionnaire, et même pas besoin d'élever un enfant à plein temps. La cérémonie s'est déroulée en petit comité, discrète, presque austère. Évidemment, le petit n'était même pas là. Fidèle à sa réputation, mon tout nouveau mari a filé tout droit au bureau dès que nous avons échangé nos alliances. En guise d'au revoir, il s'est contenté de lancer par-dessus son épaule : « Je suis débordé ces prochains jours. Gabin t'attend à la maison. Fais connaissance avec lui. » Gabin Delcourt. C’était donc le prénom de mon beau-fils. Depuis le divorce de mes parents, mes relations avec mon père s'étaient dégradées. En quittant ma chambre d'enfant, je n'avais presque rien emporté d'autre qu'un vieux pendentif auquel je tenais. « Madame Delcourt, le jeune maître Gabin vous attend dans le salon », m'a annoncé la gouvernante avec un sourire chaleureux dès que j'ai franchi le seuil. Tiens, tiens... Déjà en train de marquer son territoire ? Qu’à cela ne tienne. Je sais gérer les caprices d’enfants. Mais alors que j'entrais dans la pièce... Qui était cette petite merveille assise sur l’immense canapé ?! Si minuscule ! Si mignon ! Une vraie petite brioche toute douce ! Pendant que je restais là, pétrifiée par tant de mignonnerie, le bout de chou s'est levé et a trottiné maladroitement vers moi. D'une petite voix fluette et hésitante, il a murmuré : « Mademoiselle... Laurent... C'est... un cadeau... pour vous... de la part de Gabin. » C'était un ours en peluche rose. La peluche était presque plus grande que lui, mais il tendait ses petits bras de toutes ses forces pour me l'offrir. C'était notre toute première rencontre, et il était déjà tellement prévenant. Le cœur serré d'émotion, j'ai attrapé l'ourson et me suis accroupie pour lui prendre ses petites mains potelées. « Oh mon Dieu... Merci mon trésor ! Je l'adore ! Tu t'appelles Gabin, n'est-ce pas ? Je suis ta nouvelle maman. Ne sois pas timide avec moi, on forme une famille maintenant. Tu peux m'appeler Maman, d'accord ? » Mon Dieu, ce qu'il était chou ! J'avais juste envie de le serrer dans mes bras jusqu'à étouffer ! Ce pauvre petit ange... Mon crétin de mari ne le méritait vraiment pas ! Le délaisser comme ça, quelle cruauté ! C'est décidé : à partir de maintenant, c'est mon fils !

第2章

Le petit bonhomme a écarquillé les yeux en entendant mes mots. Son corps frêle a tremblé légèrement, et ses joues pâles sont devenues écarlates. Il a trituré le bas de son t-shirt avant de balbutier timidement : « M-maman ? » Puis, tout honteux, il a baissé la tête en me jetant de petits regards en douce. Oh, par pitié ! Qu'on oublie le père, le fils est à moi !! J'ai raclé ma gorge pour me donner une contenance et j'ai acquiescé très sérieusement. Puis je me suis tournée vers la gouvernante qui attendait en retrait : « Je m'occupe de lui à partir de maintenant. Vous pouvez disposer. » « Très bien, Madame Delcourt. » Cette sensation de pouvoir était tout simplement grisante ! Refoulant mon euphorie, j'ai soulevé délicatement le petit bout de chou dans mes bras en essayant de garder un air digne. Puis, Gabin calé sur une hanche et la peluche géante sous l'autre bras, je suis montée à l'étage. J'étais déjà venue une ou deux fois avant le mariage, je connaissais donc les grandes lignes de cette immense villa sur trois niveaux, dotée de deux ascenseurs et de terrasses privatives. Une décoration somptueuse, digne d'un grand patron fortuné. J'ai emmené Gabin dans la chambre que Maxence avait fait préparer pour moi et j'ai posé l'ours rose sur les coussins. « Gabin, je suis désolée, je n'ai pas eu le temps de t'acheter un cadeau... Mais ce pendentif compte énormément pour moi. Est-ce que tu accepterais de le garder précieusement pour Maman ? » « Je le regarderai tous les jours, promis », a-t-il répondu très solennellement. Je l'ai glissé autour de son cou. Ses yeux pétillaient de fierté. « Ça te dirait de dormir avec moi ce soir ? Et demain matin, c'est moi qui t'emmène à la maternelle. Qu'en penses-tu ? » ai-je demandé avec la voix la plus mielleuse possible. Si ma meilleure amie me voyait avec ce ton mielleux, elle penserait direct que je suis possédée. « D'accord », a-t-il soufflé, tout timide. Trop mignon, vraiment. Perdue dans mes pensées, je n'ai pas remarqué l'ombre fugitive d'un soulagement immense qui venait d'apaiser les traits du petit garçon. Plus tard, dans la nuit... « ...et le petit renard vécut heureux auprès de sa maman pour toujours. Fin. » J'ai refermé doucement le livre en voyant que Gabin s'était endormi paisiblement. Pile à ce moment-là... mon téléphone s'est mis à vibrer comme un fou. J'ai sursauté et j'ai raccroché dans la précipitation. En entendant le souffle régulier de Gabin, j'ai poussé un soupir de soulagement. Je me suis éclipsée sur la pointe des pieds dans le couloir avant de rappeler. « Léna Laurent ! Tu viens sérieusement de me raccrocher au nez ?! » a hurlé une voix indignée à l'autre bout du fil. « J'étais en train de border mon fils ! Et puis, c'est ma nuit de noces, bon sang, pourquoi tu m'appelles à une heure pareille ? » « Arrête ton char. Tout le monde sait que ton cher mari n'est même pas rentré et qu'il a filé bosser direct après la mairie. » Un silence. « Attends... Tu viens de dire quoi, là ? "Ton fils" ? Depuis quand t'as un gosse, toi ? » J'ai froncé les sourcils. « C'est le fils de mon mari. Mais maintenant, c'est le mien aussi. »

第3章

C'était normal qu'elle ne soit pas au courant. Moi-même, je ne l'avais appris que lors des négociations de fiançailles avec Maxence. Maxence avait toujours protégé farouchement l'existence de cet enfant des tabloïds. Mais désormais, la rumeur commençait à fuiter dans notre cercle. « Et baisse d'un ton, tu veux ? » ai-je chuchoté. « Moi qui croyais que tu détestais les enfants... Je t'appelais pour te remonter le moral parce que tu passais ta première nuit toute seule », a soupiré Inès. Comment pouvais-je deviner que Gabin serait une crème pareille ? Je me suis bien gardée de le lui dire à voix haute. « Qu'est-ce qu'il y a ? » ai-je simplement demandé. « Il faut absolument que tu viennes à la soirée des anciens ce samedi. Mademoiselle-parfaite sera là. S'il te plaît, sors ta plus belle tenue de créatrice et écrase-la ! » Rien qu'au son de sa voix, je pouvais deviner la moue rageuse d'Inès. Je n'ai pas pu m'empêcher de rire. « Allez, ça fait des années maintenant. J'ai tourné la page depuis un bail. » Elle a grogné sans insister. Nous avons bavardé encore deux minutes avant de raccrocher. Accoudée à la rambarde du balcon, j'ai contemplé les lumières de la ville, songeuse. Mes souvenirs ont dérivé vers cet été-là, juste après les résultats du bac. Au lycée, Inès, Valentine et moi étions inséparables. Puis, lors de la fête de fin d'année, le mec le plus populaire de la promo s'était soudainement déclaré à moi devant tout le monde. L'ambiance était lourde, les gens criaient en cercle. Agacée par la pression, je l'avais recalé sans ménagement. Ce que j'ignorais, c'est que Valentine en était folle amoureuse en secret depuis des mois. Vexé par mon refus, le type s'était mis en couple avec Valentine dès le lendemain. Tout le monde murmurait qu'elle n'était qu'un lot de consolation après mon rejet. Notre amitié s'était brisée net ce soir-là. Je pensais ne plus jamais la revoir après notre entrée à la fac. Mais même dans des écoles différentes, elle avait passé des années à répandre des rumeurs infectes sur mon compte, prête à tout pour me pourrir la vie. Son histoire avec le prince charmant du lycée n'avait d'ailleurs pas fait long feu : il l'avait trompée six mois plus tard. Et Valentine devait être présente à cette fameuse soirée samedi. « Argh, quelle plaie ! » ai-je pesté en m'ébouriffant les cheveux. Mais bon... Tellement d'eau avait coulé sous les ponts. Elle avait sans doute mûri. Rassurée par cette pensée, je suis allée me coucher. Les jours suivants ont filé paisiblement. À part déposer et récupérer Gabin à l'école, je passais mon temps sur mes croquis de mode. Je suis styliste pour une grande maison de prêt-à-porter, et hors de question d'abandonner ma carrière sous prétexte que j'avais passé la bague au doigt. Je serais morte d'ennui ! D'ailleurs, la présence de Gabin me donnait une inspiration folle ces derniers temps. Ce serait un crime de gâcher un tel élan créatif ! Samedi matin, j'observais Gabin empiler sagement ses briques de Lego, le sourire aux lèvres. Puis la perspective de retrouver les hypocrites du lycée cet après-midi m'a arraché un soupir.

第4章

Pourquoi devais-je m'infliger une réunion d'anciens élèves au lieu de rester tranquille à la maison ? Remarquant mon air abattu, Gabin a levé des yeux inquiets vers moi. « Maman, tu es triste ? » Je lui ai doucement pincé les joues. « Maman doit aller à une fête cet après-midi. Est-ce que tu seras sage si tu restes ici avec la nounou ? » En quelques jours à peine, nous étions devenus inséparables. « Est-ce que Gabin peut venir avec toi ? Promis, je serai très sage », a-t-il demandé en joignant ses petites mains. En pensant aux piques venimeuses de Valentine, j'ai hésité, puis j'ai refusé doucement. La petite étincelle dans son regard s'est éteinte d'un coup. « D'accord... Gabin attendra sagement à la maison alors. » Aïe. Coup de poignard en plein cœur. Après tout, quel mal y avait-il à l'emmener ? Je pouvais le garder près de moi. Si je le laissais planté là tout seul, en quoi serais-je différente de son père fantôme ? « En fait, tu peux venir ! Tu veux m'accompagner, mon grand ? » « Ouiii ! » En voyant son visage s'illuminer à nouveau, j'ai enfin respiré. Attendez... Pourquoi j'avais l'impression très nette de m'être fait manipuler par un enfant de quatre ans ? La réception avait lieu dans un salon privé d'un grand restaurant. Quand nous sommes arrivés, la fête battait déjà son plein. « Tiens, mais c'est Léna ! Toujours en retard ! Viens t'asseoir, on n'attendait plus que toi ! » Dès l'entrée, nous avons attiré tous les regards. Adieu mon plan de rester discrètement dans un coin. J'ai esquissé un sourire poli à la cantonade, puis j'ai aperçu Inès qui m'agitait le bras au fond de la salle. J'ai pris Gabin par la main pour la rejoindre. Autour de nous, les conversations se sont tues les unes après les autres. « Léna est là... Mais, c'est qui ce petit garçon ? » a chuchoté quelqu'un. Je me suis assise et j'ai hissé Gabin sur mes genoux. En voyant les bouteilles d'alcool alignées sur la table, j'ai froncé le nez. « C'est mon fils », ai-je répondu d'un ton parfaitement calme. Puis, m'adressant au serveur qui passait : « Bonjour, auriez-vous un jus de fruits frais pour mon fils, s'il vous plaît ? » « Tout de suite, Madame. » Une fois le petit installé, je me suis tournée vers Inès : « Arrête de faire cette tête, tu lui fais peur. » Inès affichait un sourire béat : « Il est trop craquant... Il a besoin d'une marraine ? Dis oui ! » Elle avait cet air espiègle que je lui connaissais trop bien. « Dans tes rêves », ai-je lâché en levant les yeux au ciel avec affection. Nous avons commencé à grignoter en discutant tranquillement. Soudain, une odeur écœurante de parfum de luxe a envahi mon espace. La seconde d'après, Gabin a éternué violemment. Au même instant, une voix doucereuse et bien trop familière s'est élevée au-dessus de nos têtes : « Léna ! J'ai entendu dire que tu t'étais mariée avec un homme qui avait déjà un gosse. Tu étais si désespérée que ça ? Ne me dis pas que tu as dû te rabattre sur... » Elle a laissé sa phrase en suspens avec un rictus condescendant. « Valentine, garde ton venin pour toi ! Tu cherches quoi, exactement ? » a répliqué Inès, le sang chaud, en fusillant Valentine du regard. Valentine a posé une main manucurée sur sa bouche, faussement outrée : « Oups, désolée... J'ai touché une corde sensible ? » Je me suis décalée calmement, plaquant ma main sur le nez de Gabin, et j'ai lâché d'un ton glacial : « Valentine, recule d'un pas s'il te plaît. Tu ne vois pas que mon fils étouffe sous les trois tonnes de parfum bon marché que tu t'es aspergées ? » « Répète un peu ?! » Son visage s'est décomposé.

More NovelMaster Novels