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Mon mari glacial ne m'a jamais touchée... jusqu'à ce message
Adrien ne m'a pas touchée une seule fois en trois ans de mariage. J'ai enfilé une nuisette en dentelle, simulé quelques suçons sur ma peau, et je lui ai envoyé un selfie de moi endormie, pris comme si c'était du point de vue d'un autre homme. « Mec, elle sent tellement bon. Pourquoi tu ne divorces pas pour me la laisser ? » Je me disais qu'Adrien serait dégoûté et furieux en recevant ce message anonyme. Qu'il me jetterait comme un déchet, moi, la sœur de remplacement. Je pensais que cette fois, j'allais enfin obtenir ce divorce. Nathalie était en vacances en Europe pour fêter son troisième anniversaire de mariage. Elle m'a demandé ce que je voulais comme cadeau, et j'ai demandé une carte SIM internationale anonyme. En tenant cette carte, seule dans ma chambre d'hôtel vide, j'ai laissé échapper un soupir de soulagement et de fatigue. Puis, j'ai enfilé la nuisette en dentelle transparente que j'avais achetée spécialement pour ce plan. Devant le miroir, j'ai créé de faux suçons sur ma clavicule et mon cou en pinçant ma peau. Les marques étaient irrégulières, comme laissées par un homme dévoré par le désir, brutal et dominateur. J'ai même fait glisser une bretelle pour donner l'impression qu'elle avait été arrachée. Pour finir, j'ai légèrement estompé mon rouge à lèvres du bout des doigts. Puis je me suis allongée sur le lit, en froissant les draps de l'autre côté pour faire croire que quelqu'un y avait dormi. J'ai fermé les yeux. L'appareil photo était sur retardateur, placé exactement là où se serait trouvé le visage d'un homme. Trois, deux, un. Sur la photo, la femme semblait s'être endormie juste après un moment d'intimité torride, totalement vulnérable. J'ai fixé l'image pendant de longues minutes. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la réputation d'Adrien dans le milieu des affaires. Un requin au sourire d'ange. Le genre de capitaliste impitoyable qui vous broie sans laisser de traces. Mais ce que je connaissais le mieux de lui, c'était son visage éternellement froid et impassible. Il était incroyablement beau, mais toute son affection avait toujours été réservée à ma sœur. Je m'attendais au pire. Même si Adrien n'avait aucun sentiment pour moi, un homme tolère rarement d'être trompé. Il chercherait peut-être à se venger. Mais au bout du compte, il me chasserait avec dégoût et accepterait le divorce. Tant que j'obtenais ce divorce, le reste m'importait peu. J'ai fermé les yeux et j'ai cliqué sur envoyer. Sur l'écran, ce message provocateur s'afficha : « Mec, elle sent tellement bon. Pourquoi tu ne divorces pas pour me la laisser ? » Accompagné de la photo. Envoyé avec succès.Moins de deux secondes plus tard. La réponse est tombée. Adrien : « Qui es-tu ? » Je me suis rhabillée lentement. Je prolongeais le temps de réponse avec une pointe de malice. Était-il en train d'exploser de rage, cherchant désespérément à identifier l'expéditeur anonyme ? Lui, le golden boy à qui tout réussissait depuis toujours, voyait ses émotions contrôlées par un inconnu... et à cause de moi, qu'il avait toujours traitée avec un mépris poli. Après trois ans de dépression et de souffrance silencieuse, je savourais enfin une seconde de revanche. J'ai mis mes vêtements de tous les jours. Pendant ce temps, Adrien a envoyé deux autres messages. « Ne m'envoie pas des montages d'IA aussi bas de gamme. Dis-moi ce que tu veux. » « Je te conseille de te dénoncer toi-même. Je serai peut-être plus clément. » J'ai ricané. « Monsieur Dumont, pourquoi ne demandez-vous pas directement à votre femme s'il s'agit d'une IA ? Vous verrez bien. » « Les marques sur le cou de mon bébé ne vont pas s'effacer de si tôt (^v^). » J'osais parler ainsi parce que je savais qu'Adrien était à l'étranger pour négocier un contrat crucial. Il ne pouvait pas rentrer avant au moins deux semaines. Soudain, mon propre téléphone s'est mis à vibrer. J'ai sursauté. L'écran affichait le nom d'Adrien. Il appelait avec insistance. J'ai pincé les lèvres, fixant l'appareil jusqu'à ce que l'appel coupe. Mais presque aussitôt, l'écran s'est rallumé. Il rappelait. Encore et encore. J'ai compris qu'il était hors de lui. Mon cœur battait à tout rompre. J'avais l'impression de marcher sur un fil au-dessus du vide, de jouer à un jeu extrêmement dangereux. J'ai tapé sur le téléphone anonyme : « Monsieur Dumont, arrêtez d'appeler. On l'a fait cinq fois de suite, votre femme est épuisée et elle dort. » Les appels ont enfin cessé. Mon téléphone personnel est retombé dans un silence de mort. J'ai renvoyé un message avec la carte anonyme : « Je ne voulais pas briser votre couple, Monsieur Dumont. Votre femme et moi, c'est du sérieux. Soyez beau joueur, divorcez et laissez-la-moi. Sinon, si l'histoire s'ébruite, vous allez perdre la face. » Adrien n'a plus répondu. Nerveuse, j'ai jeté la nuit de dentelle déchirée à la poubelle, j'ai rendu les clés de ma chambre d'hôtel et je suis rentrée à la maison. Les gouvernantes faisaient le ménage. Tout était parfaitement normal, calme, comme si de rien n'était. Douche, dodo. À l'aube, alors que le ciel commençait à peine à s'éclaircir, j'ai cru entendre le grondement sourd d'un moteur et le crissement sec de pneus sur le gravier. Prise de panique, j'ai ouvert les yeux. Au même instant, on a frappé à la porte de ma chambre. « Alice, ouvre. » Cette voix était glaciale, le ton forcé pour paraître calme, laissant à peine filtrer une pointe d'anxiété. Le sommeil s'est envolé d'un coup. J'ai senti une vague de froid m'envahir. C'était Adrien.La panique m'a paralysée. Comment pouvait-il déjà être là ? Pour lui, je n'étais qu'une doublure sans importance. On a frappé à nouveau. Trois coups réguliers, extrêmement contrôlés. Sa voix s'est faite plus rapide : « Alice, je veux te voir. » Je me suis redressée, luttant pour ne pas trahir ma peur. J'ai pris une grande inspiration et j'ai dit d'une voix faussement endormie : « Monsieur Dumont... je dois passer à la salle de bain. Attendez une minute, s'il vous plaît. » Je me suis précipitée sous la douche, j'ai ouvert l'eau, puis j'ai inspecté mon cou dans le miroir. Pour que les marques soient réalistes, j'y étais allée fort la veille en pinçant ma peau avec un bouchon. C'était tellement visible que même du fond de teint n'aurait pas suffi à tout cacher. Mais je devais essayer de les masquer. Après tout, la réaction logique d'une femme qui trompe son mari est de nier et de cacher les preuves. Adrien était trop intelligent ; je devais jouer mon rôle à la perfection. J'ai mouillé mes cheveux pour faire croire que je sortais de la douche, puis j'ai enfilé une robe noire à col montant qui couvrait mes bras et ma gorge. J'ai collé un pansement sur la seule marque qui dépassait encore du col. Je me suis entraînée devant le miroir à afficher un air coupable, maladroitement dissimulé sous un calme forcé. C'était parfait. Assez suspect pour éveiller ses soupçons. Adrien allait être dégoûté, me jeter les papiers du divorce au visage et me chasser. J'ai ouvert la porte. Adrien était assis sur le canapé du couloir, les sourcils froncés, les yeux clos comme s'il essayait de récupérer. Il était pâle, une légère barbe de trois jours ombrait sa mâchoire. Il avait oublié sa montre, et ses boutons de manchette habituels manquaient à l'appel. Une de ses mains serrait son téléphone à s'en blanchir les articulations. L'autre reposait sur l'accoudoir, révélant des écorchures sanglantes sur ses phalanges. Comme s'il avait frappé contre un mur. Plusieurs fois. Mais il semblait s'en moquer, n'ayant même pas pris la peine de désinfecter. « Monsieur Dumont, pourquoi êtes-vous déjà de retour ? » Adrien a ouvert les yeux. Son regard était sombre, presque noir. Il s'est levé lentement. Cet homme qui semblait si pressé quelques secondes plus tôt s'est avancé vers moi d'un pas lourd et mesuré. J'ai voulu reculer, mais il a attrapé mon bras pour me retenir. Ses yeux sont descendus vers mon cou. Ses pupilles se sont contractées. J'ai forcé un sourire : « Il y a un problème ? » Sans un mot, ses doigts froids se sont posés près du pansement. Il l'a frôlé, comme s'il s'apprêtait à l'arracher brutalement pour dévoiler mon mensonge, prêt à déchirer notre contrat de mariage dans un accès de rage. Mon corps s'est mis à trembler. J'ai fermé les yeux, attendant la sentence. Mais ses doigts se sont faits étonnamment légers. Adrien a demandé d'une voix sourde : « Qu'est-ce que c'est ? » J'ai détourné le regard de façon délibérée : « Rien... je me suis écorchée avec le bord d'un livre hier. » « Un livre... » Adrien a cligné des yeux lentement. « Tu as fait quoi, hier soir ? » Le bout de ses doigts s'est glissé sous le tissu de mon col. Un mouvement de plus, et il verrait les suçons cachés. J'ai déglouti : « Je suis allée au salon de coiffure. » La respiration d'Adrien s'est accélérée. Son visage est resté de marbre, mais pendant une seconde, j'ai cru qu'il allait me briser. Sa main s'est crispée sur mon col. Déséquilibrée, j'ai failli tomber contre lui, mais j'ai plaqué mes mains contre son torse pour le repousser. Son bras a glissé autour de ma taille, m'encerclant comme un étau d'acier. Sa colère contenue semblait s'exprimer à travers cette étreinte brutale. Je ne pouvais pas lutter contre sa force. Mes bras ont commencé à faiblir. Le visage d'Adrien s'est approché du mien, centimètre par centimètre. « Monsieur Dumont, non », ai-je murmuré en tremblant. Mon instinct me hurlait que la situation devenait hors de contrôle. Mon esprit est devenu blanc, ma voix s'est brisée dans un murmure suppliant. Après quelques secondes de tension insoutenable. Il a lentement retiré sa main, serrant ses poings si fort que ses articulations ont craqué. Son visage était livide. Je me suis rendu compte de ce que je venais de dire : « J'ai peur, ne me touche pas, s'il te plaît. » « Je vais t'assigner deux gardes du corps personnels. Ils te suivront à chacun de tes déplacements pour assurer ta sécurité », a déclaré Adrien d'un ton plat. Puis, il a tourné les talons et est parti sans un regard en arrière. En entendant le moteur vrombir dans l'allée, je suis restée plantée là, sous le choc. Il ne me confronte pas ? Comment est-ce possible ?!La surveillance est devenue étouffante. Je n'avais presque plus d'occasions de sortir le téléphone anonyme pour le relancer. Adrien, qui devait passer deux semaines à l'étranger, avait liquidé ses affaires en cinq jours seulement pour rester à la maison. Mais un soir, alors qu'il s'était éloigné, j'ai enfin pu récupérer l'appareil. J'ai envoyé un message : « Alors mec, tu n'as pas de couilles ? Elle te trompe et tu ne divorces même pas ? Pourquoi tu la séquestres ? » La réponse d'Adrien a été instantanée : « Elle ne me trompe pas. J'ai confiance en elle. Alice n'est pas ce genre de fille. » J'ai fixé l'écran, interdite. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Je n'avais effectivement pas eu le courage de le tromper pour de vrai, c'est pour cela que j'avais monté ce mensonge. Mais comment Adrien pouvait-il être aussi sûr de ma moralité ? Il avait toujours été si distant, si froid avec moi. Voulant pousser le bouchon encore plus loin, j'ai tapé avec hargne : « Monsieur Dumont, vous ne connaissez pas votre femme aussi bien que moi. » « Elle a trois grains de beauté. Un sur les côtes, un près du nombril, et... À chaque fois que je les effleure du doigt, elle frissonne de plaisir. » « Mais vous êtes son mari depuis trois ans, vous deviez déjà le savoir, n'est-ce pas ? » Cette dernière phrase transpirait le sarcasme. En trois ans, il ne m'avait jamais effleurée. Soudain, un énorme fracas a retenti à l'étage. Le bruit venait directement du bureau d'Adrien. J'ai sursauté et j'ai rapidement caché le téléphone de secours sous mon matelas. D'autres bruits de destruction ont suivi. Puis, j'ai entendu les pas lourds d'Adrien descendre l'escalier. D'une voix épuisée, il a dit à la gouvernante : « Faites nettoyer mon bureau. L'ordinateur est cassé, il faut le remplacer. » Les pas se sont approchés de ma chambre. Je tremblais de tout mon corps sous la couette, terrifiée à l'idée d'être sa prochaine cible. J'ai fermé les yeux, faisant semblant de dormir. Depuis son retour, la serrure de ma porte de chambre avait mystérieusement été retirée. Adrien a doucement poussé la porte. Voyant que la pièce était plongée dans le noir, il n'a rien dit. Dans le silence de la nuit, sa respiration saccadée et les battements désordonnés de son cœur étaient si forts que j'avais peur qu'il entende les miens. Il s'est approché du lit. Je gardais les paupières obstinément closes. Adrien ne m'a pas secouée, il ne m'a pas hurlé dessus pour obtenir des explications. Il s'est juste tenu là, debout, près de moi. Même les yeux fermés, je pouvais sentir son regard brûlant fixé sur mon ventre, comme s'il hésitait à soulever la couverture pour vérifier mes dires. Ne pas bouger. Respirer calmement. Jouer le jeu jusqu'au bout. Soudain, le matelas a bougé sous son poids. Adrien s'est allongé juste à côté de moi. Son regard ne me lâchait pas. J'ai serré les dents. Pour que le piège fonctionne, je devais frapper encore plus fort. Faisant semblant de parler dans mon sommeil, j'ai laissé échapper un soupir et je me suis tournée vers lui, venant blottir ma tête contre son torse. Adrien s'est figé. Son regard brûlant s'est adouci d'un coup. « Chéri... » ai-je murmuré. Le corps d'Adrien est devenu dur comme de la pierre. J'ai enroulé mes bras autour de lui, ajoutant d'une voix mielleuse : « Serre-moi fort... » Je m'attendais à ce qu'il me repousse avec dégoût, voire qu'il me gifle pour me réveiller. Je ne l'avais jamais appelé "chéri" auparavant. Il devait penser que je m'adressais à mon amant. Pourtant... Il m'a saisie par les épaules, ses mains tremblant de rage. Mais en entendant mon petit gémissement plaintif, sa prise s'est relâchée aussitôt. Adrien a passé sa main derrière ma tête pour me presser encore plus fort contre lui. Il a déposé un baiser sur mes cheveux. Puis, sa paume a glissé le long de mon dos, dans une caresse maladroite mais infiniment douce. Il a chuchoté d'une voix brisée : « Oui... ton chéri est là. » Je me suis figée intérieurement. Cette réaction était totalement insensée. Adrien était un homme brillant. Il savait forcément que je le trompais dès le premier message. Pour éviter le scandale, il aurait dû me jeter dehors avec les papiers du divorce. Mais au lieu de cela, il niait l'évidence, s'accrochant désespérément à l'illusion de ma fidélité. Il allait jusqu'à s'approprier les mots d'amour destinés à un autre. À quoi jouait-il ? Pensant que je m'étais rendormie profondément, Adrien a doucement glissé sa main sous la couverture. Ses doigts ont cherché mes côtes, puis ont descendu lentement la ligne imaginaire reliant mes grains de beauté. Sa peau était fraîche. C'était si soudain que je n'ai pas pu retenir un violent frisson. J'avais inventé cette histoire de grains de beauté sur un coup de tête ! Je ne savais pas moi-même que cette zone était aussi sensible ! Secouée de tremblements, incapable de simuler le sommeil plus longtemps, j'ai voulu me détacher de lui. Mais Adrien a stoppé mon mouvement et m'a plaquée contre son torse, m'empêchant de bouger. C'était une étreinte possessive, presque sauvage. À travers sa cage thoracique, je sentais son cœur cogner de manière frénétique. Il a murmuré à mon oreille : « Tu es à moi. Je suis à toi. » Il était devenu fou. Il avait abandonné toute logique, toute fierté, pour se comporter comme un animal protégeant son territoire. Comme si j'étais sa proie, condamnée à rester à ses côtés pour toujours. J'ai ouvert les yeux dans l'obscurité, le cœur lourd de sentiments contradictoires, prisonnière de ses bras brûlants. J'ai fini par sombrer dans le sommeil. Dans mes rêves, je me suis revue trois ans en arrière, pleurant et le suppliant de me libérer de ce mariage. Il m'avait regardée avec ce visage de marbre. J'avais crié : « Je ne te dois rien ! Tu n'as aucun droit de me garder prisonnière ! » Il avait reculé d'un pas, gardant le silence pendant de longues minutes avant de déclarer : « Tu me dois tout. Ta sœur s'est enfuie en ruinant notre accord. Tu paieras pour elle toute ta vie. Je ne te laisserai jamais partir. » Ce jour-là, je m'étais effondrée au sol, touchant ce visage si similaire à celui de ma sœur, comprenant que je ne serais jamais rien de plus qu'un substitut à ses yeux. Trois ans de cette torture silencieuse. Quand je me suis réveillée le lendemain, Adrien était déjà parti. La place à côté de moi était froide, les draps lissés, comme si personne n'avait dormi là.J'ai reçu un nouveau message d'Adrien sur le téléphone anonyme. « Tu as d'autres photos d'elle ? Ou des vidéos ? » J'ai répondu : « Mec, je suis peut-être un chaud lapin, mais je ne suis pas un pervers. Je ne prends pas de photos de nu sans son accord. » « C'est avec ce genre de belles paroles que tu l'as manipulée ? C'est encore une enfant, espèce de monstre. » J'ai tiqué devant l'insulte : « Pardon ? On s'aime, c'est tout. » Et puis, "une enfant" ? J'avais vingt-trois ans et je terminais mon Master ! Adrien : « Laisse-la. Dis-moi combien tu veux. » Furieuse, j'ai tapé : « Je t'ai dit qu'on s'aimait. Pourquoi tu ne divorces pas, toi ? Dis-moi ton prix pour la libérer, plutôt. » Adrien : « Tu ne mérites pas son amour. » Ça m'a vexée. Même en tant que femme travestie en homme pour ce plan, je me trouvais plutôt séduisante et intelligente, merci bien. Pour le pousser à bout, j'ai cherché sur internet des photos d'abdos masculins et d'autres clichés suggestifs, puis je les lui ai envoyées. « Ne t'inquiète pas pour elle, je suis très bien équipé. Ta femme est entre de bonnes mains. » Cette fois, aucun bruit de meuble brisé ne s'est fait entendre. Quelques secondes plus tard. Depuis le salon d'en bas, j'ai entendu Adrien laisser échapper un rire méprisant. Un "Ha" glacial. Quoi ? Pas assez grand à son goût ? Même si je n'avais jamais vu de près l'anatomie d'un autre homme, la photo que j'avais envoyée montrait pourtant quelqu'un de plutôt bien bâti ! De quoi se moquait-il ? Le téléphone a vibré. Le message d'Adrien m'a fait dresser les cheveux sur la tête. « Toi, ou quelqu'un que tu as payé, s'est rendu à Barcelone le 27 du mois dernier pour acheter cette carte SIM, n'est-ce pas ? » Adrien : « Tu croyais vraiment que je ne remonterais pas jusqu'à toi à cause d'un numéro anonyme ? » Adrien : « Je vais fouiller chaque piste, méticuleusement, comme si je t'écorchais vif. Tu as intérêt à y être allé toi-même. Parce que si tu as demandé à quelqu'un d'autre de te l'envoyer par colis, j'ai déjà l'adresse de livraison. » Adrien : « Dors sur tes deux yeux, mon pote. » Ce dernier mot dégoulinait de menace. J'ai refusé de fléchir : « Oh, je dors les yeux bien ouverts, t'inquiète. Ça me permet de mieux admirer ta femme. » Un grand fracas a retenti en bas. Adrien venait de briser une tasse. Adrien : « Elle s'amuse juste avec toi. » J'ai serré les dents : « Ah oui ? Regarde un peu comment son comportement a changé ces derniers temps ! » J'ai éteint le téléphone. Mon cœur battait la chamade, mais je devais rester concentrée. Le changement... Comment agit une femme qui a un amant ? J'ai commencé à faire du sport. Chaque matin, je passais quarante minutes à faire de la musculation et du cardio dans la salle de gym de la maison. Mais deux jours plus tard, la gouvernante est venue m'annoncer, l'air embarrassé, que les machines étaient en panne. J'ai répondu que ce n'était pas grave, que j'allais utiliser les tapis. Elle m'a avoué que même la porte de la salle était bloquée et qu'on ne pouvait plus y entrer. Agacée, j'ai installé un tapis de yoga au milieu du salon pour faire mes exercices. Depuis quelques jours, Adrien travaillait à la maison. Il était assis sur le canapé, juste en face de moi. Fixant l'écran de son ordinateur, il a demandé soudainement : « Pourquoi tu te mets au sport tout d'un coup ? » C'était l'occasion rêvée. J'ai détourné le visage en soufflant : « Je me trouve trop grosse. » À la télévision, le coach en ligne faisait des étirements au sol. J'ai imité le mouvement. La gorge d'Adrien s'est serrée. Sa voix était plus rauque que d'habitude : « Tu es très bien comme ça. » « Je veux avoir des abdos, c'est plus joli », ai-je répliqué, feignant l'essoufflement. « Qui t'a dit ça ? » a-t-il demandé presque instantanément. Je me suis figée. Pendant un instant, j'ai hésité à faire éclater la vérité. C'était le but de tout ce stratagème, après tout. Pourtant, un étrange sentiment de culpabilité m'a envahie, comme si j'étais réellement en train de le tromper. L'ambiance dans la pièce était étrangement paisible. Trop paisible pour nous. D'ordinaire, nos rares moments ensemble étaient froids et expéditifs. Il était obsédé par son travail, et j'étais occupée à subir son absence. Nous n'avions jamais partagé ce genre de quotidien simple, assis dans la même pièce, discutant de tout et de rien comme un vrai couple. Voyant mon silence, Adrien a abandonné la partie d'un ton las : « Laisse tomber. » Il avait renoncé à chercher la vérité. À ce moment-là, j'ai eu l'impression que nous jouions tous les deux à un jeu muet, essayant de ne pas briser le fil ténu qui nous reliait encore. Mais quelques minutes plus tard, alors que je montais dans ma chambre pour me changer, j'ai allumé le téléphone anonyme et j'ai vu un message envoyé par Adrien pendant que je faisais mes étirements : « Sale bâtard, je vais te tuer. »La télévision est tombée en panne elle aussi. Tous les programmes fonctionnaient, sauf les vidéos de fitness. C'est encore la gouvernante qui est venue me l'annoncer, l'air de s'excuser pour des forces indépendantes de sa volonté. De plus, chaque matin à huit heures précises, toute la maison devait être aspirée de fond en comble, m'empêchant de rester au salon. J'ai pris une grande inspiration. Puisque le sport était proscrit, je me suis mise à la pâtisserie. La gouvernante m'a demandé ce que je préparais. J'ai souri : « C'est gratifiant de cuisiner pour quelqu'un qu'on apprécie, vous ne trouvez pas ? » Adrien, debout au bas des escaliers, suivait chacun de mes mouvements de son regard sombre. J'ai mangé les cookies trop cuits. J'ai offert les réussis à la gouvernante. Le reste, je l'ai emballé dans un joli sachet en papier, fermé par un ruban de soie. Préparer des gâteaux maison pour "l'autre"... S'il ne comprenait pas le message cette fois, c'est qu'il le faisait exprès. Je suis montée me préparer : « Monsieur Dumont, je sors pour un travail de groupe à l'université. » Adrien, appuyé contre le plan de travail de la cuisine, fixait le plateau vide. Il a levé les yeux vers moi. Allait-il enfin exploser ? Demander le divorce ? Mon cœur battait la chamade. Mais il a juste esquissé un sourire froid, presque provocateur. « Très bien. Vas-y. » Puis il a tourné les talons. Je me suis approchée de la table et je me suis figée. Le sachet de cookies avait disparu. Même les morceaux brûlés que j'avais laissés sur le côté avaient été emportés. Adrien ! Je voulais les partager avec mes camarades de classe ! Avait-il tout jeté à la poubelle ? La rage m'a envahie. Une fois dehors, j'ai sorti le téléphone anonyme : « Ma chérie me dit que tu es d'une humeur exécrable ces derniers temps. Elle a peur de toi. Elle pleure dans mes bras tous les soirs en disant que je lui manque. » « Monsieur Dumont, pourquoi tu t'accroches ? Ça sert à quoi de rester marié à une femme qui ne t'aime pas ? C'est juste une question de fierté ? » « Elle ne te doit rien. Votre mariage n'est qu'un accord commercial sans amour. Tu as obtenu ce que tu voulais de sa famille, alors laisse-la partir. » Adrien : « Elle a pleuré ? » Je suis restée bête devant l'écran. C'était ça qui retenait son attention ? Pas le divorce ? Un second message est arrivé : « Tu habites aussi à Neuilly, c'est ça ? » Une sueur froide a coulé dans mon dos. Comment avait-il deviné ? Avant que je ne puisse répondre, il a ajouté : « Je touche au but. Je vais te retrouver, espèce de vermine. » J'ai éteint le téléphone à la hâte. Mes mains tremblaient. Je n'avais plus le temps. Je devais abattre mes cartes maintenant, ou je risquais de me faire prendre à mon propre piège.